Vevey/Genève, le 16 avril 2019. 20 mètres de long et 6 mètres de haut, tel est le monstre que des militant-e-s Greenpeace ont placé aujourd’hui à l’entrée du siège international de Nestlé à Vevey. L’énorme marionnette en forme de dragon est constituée d’emballages en plastique ramassés dans nos océans dont beaucoup portent le logo Nestlé. Les militant-e-s écologistes ont également déployé leurs messages avec des banderoles « Nestlé Stop Single Use » sur la façade du bâtiment et sur le Lac Léman voisin pour appeler Nestlé, qui en 2018 a produit 1.7 millions de tonnes d’emballages plastique à usage unique, à miser sur la réutilisation et la recharge.

 

La fin des emballages à usage unique, c’est aussi ce que revendique Greenpeace lors d’actions qui se déroulent aujourd’hui à plusieurs bureaux Nestlé ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, des militant-e-s Greenpeace ont rapporté le monstre de plastique à son producteur, à Vevey, où il restera. La sculpture mobile en forme de dragon de 20 x 6 mètres est constituée de déchets plastiques produit pour la plupart par Nestlé et ramassés en mer ou sur des plages aux Philippines. Le monstre Nestlé est arrivé le 5 avril à Bâle avec le Beluga II, un bateau Greenpeace, et a visité différentes villes de Suisse ces dix derniers jours. Il est maintenant devant l’entrée principale du siège de Nestlé à Vevey. Les militant-e-s écologistes l’ont accompagné de filets de pêche remplis de déchets plastiques Nestlé. Une banderole attribue ces ordures à la multinationale de Vevey: « Nestlé, this is yours ». Des grimpeurs et grimpeuses ont suspendu une grande banderole avec l’inscription « Nestlé, stop single use » sur la façade du bâtiment. Et enfin, des militant-e-s Greenpeace à bord de 15 canoés et kayaks ont déployé une banderole flottante de 25 x 5 mètres sur le Lac Léman devant le siège international de Nestlé. Là aussi, on peut y lire: « Nestlé, stop single use ».

65 militant-e-s de 7 pays se sont réunis pour cette action. Elles et ils viennent de Suisse, d’Autriche, de Hongrie, de Slovénie, de Croatie, d’Allemagne et des Pays-Bas. D’autres actions ont eu lieu aujourd’hui devant des établissements Nestlé au Kenya, en Allemagne, en Slovénie, en Italie et la semaine passée, aux Philippines. Le mouvement international Break Free From Plastic y était également impliqué. Plus de trois millions de personnes ont soutenu cette campagne au niveau international.

Un des principaux pollueurs de la planète par le plastique
Nestlé est un des principaux pollueurs de la planète par le plastique. C’est ce que montrent plusieurs audits de marques. Pas étonnant, car l’année dernière, le groupe alimentaire a produit 1.7 million de tonnes de plastique, soit 13% de plus que l’année précédente en se basant sur des chiffres donnés par Nestlé dans le cadre du rapport « A Crisis of Convenience » publié en octobre 2018. Froilan Grate, représentant de communautés philippines qui se trouve également sur place, s’est adressé jeudi passé aux managers de Nestlé lors de leur Assemblée générale: « Au nom de nos collectivités, je vous dis que nous ne voulons plus de vos emballages plastiques toxiques. Ils étouffent nos mers, nos terres et nos voies d’eau. Ils détruisent nos communautés et menacent notre santé. Il est grand temps que vous preniez les mesures appropriées. Cessez de promouvoir des pseudo-solutions. Investissez dans de nouveaux systèmes de livraison. »

Nestlé annonce des pseudo-solutions
Florian Kasser, coordinateur de la campagne ‘Zéro Déchet’ pour Greenpeace Suisse, exige aussi des mesures claires: « Nestlé a tout de même fini par reconnaître que notre planète affronte une crise du plastique et que le recyclage ne résoudra pas le problème à lui tout seul, » explique-t-il. « Mais Nestlé continue de miser sur les relations publiques et les pseudo-solutions au lieu de mesures concrètes et efficaces. C’était également clair la semaine passée lors de l’AG. Actuellement, seuls 14% des déchets plastiques planétaires sont recyclés, indépendamment du fait que l’emballage soit recyclable ou pas. L’annonce du passage à des emballages à usage unique d’une autre composition ne résoudra pas le problème qui ne sera que déplacé. Les emballages papier ont besoin de cellulose pour laquelle on défriche des forêts anciennes importantes pour le climat et on plante des monocultures. Le plastique d’origine végétale utilise aussi de précieuses ressources, concurrence les cultures alimentaires et ne se décompose qu’à peine dans l’eau. »

L’actuel système économique basé sur la consommation sans fin et la culture du prêt-à-jeter a des conséquences effroyables. La pollution plastique est un signal fort de la nécessité d’un changement de paradigme. Les revendications de Greenpeace à l’égard de Nestlé portent sur plus de transparence ainsi qu’un plan d’action avec des échéances réelles et ambitieuses pour éliminer les emballages à usage unique. Il faut les remplacer par des systèmes de livraison et de distribution différents, basés sur la recharge et la réutilisation. Seuls des systèmes de livraison à plusieurs usages peuvent briser le cercle vicieux du gaspillage et de la pollution. C’est ainsi qu’il sera possible de mettre fin à la catastrophe écologique et sociale provoquée par les emballages à usage unique.

Plus d’informations:
– Dossier sur Nestlé et le Plastique
– Matériel visuel de l’action à Vevey, prochainement ici:
– Matériel visuel des actions Greenpeace dans d’autres bureaux de Nestlé

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